J'ai eu pas mal de chance ces derniers temps sur le choix de mes lectures, alors autant vous en faire profiter.

"La vitesse de l'obscurité", d'Elizabeth Moon. Le narrateur est autiste mais peut mener une vie quasi-normale grâce aux progrès de la prise en charge de la maladie. La companie pharmaceutique pour laquelle il travaille lui propose de participer aux essais cliniques d'un traitement capable de le guérir complètement. Ce roman est étonnant par sa description de l'autisme vue de l'intérieur. La façon de traiter le sujet de l'identité, en particulier le choix donné au personnage de modifier ses propres mécanismes mentaux, est très proche de la problématique de mon auteur préféré : Greg Egan.

"Le goût de l'immortalité", de Catherine Dufour. L'action se passe dans quelques centaines d'années. Le monde a été frappé par moultes épidémies et dérèglements climatiques. L'humanité s'est réfugiée dans les hauteurs d'immenses tours pour les plus chanceux, dans les sous-sols pour les autres. L'histoire de CMatic, entomologiste quelque peu dépassé par les évènements, nous est raconté sur le mode journalistique à travers les traces qu'il a laissé : contenu de sa puce RFID, factures d'hotels, messages electroniques, caméras de surveillance, etc. Cela laisse imaginer les travaux des futurs historiens ayant à leur disposition l'immense quantité de données que nous amassons sans trop le maîtriser.

"L'invincible", de Stanislas Lem. J'avais beaucoup apprécié Solaris que j'ai du lire vers l'age de 14 ans, et je n'étais pas certain de retrouver le même émerveillement maintenant. Le début m'a fait un peu peur : le thème a vieillit, les technonogies du futur sont gentiment obsolètes mais surtout il y a quelques absurdités physiques qui même pour l'époque ne sont guère excusables. Par exemple le vaisseau spatial, après avoir franchit des distances interplanétaires grâce à son moteur luminique, utilise ses rétro-fusée pour freiner au dermier moment. Cependant, le roman gagne ensuite un intérêt qui dépasse largement la seule nostalgie, à la fois par ses idées extraordinaires et par des images d'une poésie certaine.

Voila. Je profite de ce billet pour signaler la nouvelle très courte mais réussie de mon ami Dagobert : Cyberfunk (en anglais).